Dominique Caillaud est député-maire de Saint-Florent-des-Bois en Vendée. Il préside le groupe TIC de l’association des maires de France (AMF). A l’occasion du 89ème Congrès de l’AMF, il fait le point sur l’actualité des TIC.
LD-L’arrivée du haut débit dans le monde rural, est-ce un problème réglé ?
Je vais intervenir au Congrès sur ce thème, à 9h30 le 21 novembre, pour dire que je ne partage pas l’optimisme de nos ministres. Même si je ne nie pas les progrès réalisés dans la pénétration de l’ADSL en France, le pourcentage de couverture de 98% de la population, en fin d’année, ne semble pas résister à une analyse fine de la situation des territoires. Il ne faut pas se laisser engourdir par les statistiques. Je dénonce une triple fracture. Une fracture territoriale de la desserte : il existe encore des zones blanches ADSL malgré les interventions des collectivités et les promesses des technologies alternatives tel que le WiMAX. La deuxième fracture concerne le débit et aggrave la première : des zones bénéficient de 10/15 Mbits/s tandis que d’autres se contentent de la connexion de base. La troisième fracture est financière : dans le quinzième arrondissement de Paris, chaque appartement dispose de 15 Mbits/s et c’est gratuit pour la collectivité. Ailleurs, il faut se battre pour un débit minimum. J’appelle à une vraie solidarité nationale sur cette question sinon il faudra engouffrer des sommes fabuleuses à certains endroits. Il faut amener le haut débit par tous les moyens, même sur des poteaux, sans enfouir les câbles, ce n’est pas parfait mais c’est une urgence...
LD-Quand même les chantiers de l’administration électronique avancent...
Oui, un grand nombre de dématérialisations de procédures se mettent en place. Tout ce qui concerne les éléments de la chaîne comptable publique dans les relations entre administration d’Etat et des collectivités marche bien. Mais nous avançons sur une partie des procédures et rarement sur la totalité de la chaîne. Par exemple, pour ce qui concerne la télétransmission des délibérations, nous n’arrivons pas à dématérialiser la séance du conseil municipal dans sa globalité : convocation des membres, publicité, ordre du jour, présence, archivage des décisions, moteur de recherches pour les retrouver... Cela conduit à doublonner les envois électroniques par des envois papier dans un grand nombre de cas. Autre exemple, je reçois aujourd’hui les circulaires du préfet de manière dématérialisée mais je n’ai aucun outil de recherche avec... Les maires ont l’impression que l’e-administration avance en ordre dispersé. Or, les communes sont au coeur de nombreuses procédures. Nous préférerions qu’il y ait moins de projets mais que la dématérialisation aille de bout en bout, en faire moins mais à fond !
LD-Comment se porte votre secteur fétiche de l’information géographique ?
Le marché des systèmes d’information géographique (SIG) explose. Ce n’est pas simplement le résultat des attentes de l’Etat ou des collectivités mais directement des particuliers qui consultent ces services. La phase de découverte est derrière nous. Il faut désormais imposer des banques de données communes (RGE, orthophoto...). Mais c’est une question de coopération au sein des communautés de communes, des départements, voire des régions. Nous expérimentons les premières applications métiers en ligne, comme le projet Mapéos avec Ecoemballage. Et nous attendons les modules de services pour les communes du Géoportail de l’IGN, en souhaitant qu’ils seront bien dans l’esprit voulu par les élus...
Propos recueillis par Luc Derriano